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CLICANOO – LE JOURNAL DE L’ILE DE LA REUNION

Arrivée discrète

C’est la première fois que vous donnez un concert à la Réunion. Connaissiez-vous déjà l’île ?
C’est la première fois que je découvre La Réunion. Il fait beau, il fait chaud… c’est très agréable. En tout cas, je ne suis pas mécontent d’avoir atterri. Le voyage a été facile, mais je n’aime pas trop prendre l’avion. L’idée de me retrouver à des milliers de kilomètres au-dessus de la terre m’impressionne. Je stresse toujours un peu au moment du décollage, après ça va.
Prendre l’avion ne devait sans doute pas être votre souci majeur. Avez-vous pensé au chikungunya avant de venir ?
Je n’ai pas du tout suivi l’affaire du chikungunya. J’ai commencé à m’intéresser à la maladie seulement la semaine dernière. Mais apparemment, on n’est pas encore entré dans la saison critique. Il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter…
Votre concert est prévu samedi soir à la Ravine Saint-Leu. Qu’allez-vous proposer au public réunionnais ?
Pour l’instant, j’ignore encore ce qui va être présenté à La Réunion. J’en saurais plus demain (ndlr : aujourd’hui) pendant les répétitions. Je suppose que le concert ressemblera aux autres spectacles de la tournée en France, même si tous les musiciens n’ont pas pu m’accompagner. Peut-être aussi qu’il y aura un passage acoustique… Tout ce que je peux dire, c’est qu’il s’agira d’une version électrique et que je vais sans doute démarrer avec un titre instrumental.
Qu’avez-vous prévu après le concert ?
J’ai donné cent cinquante représentations en un an, et ce spectacle est le dernier de la tournée. Je vais donc rester quelques jours à La Réunion en espérant pouvoir visiter un peu l’île. J’aimerais beaucoup voir le volcan, par exemple.
2006 a été une année charnière pour votre carrière. Vous avez remporté trois Victoires de la musique dans les catégories Artiste interprète de l’année, Album de chansons variétés de l’année et Chanson originale de l’année. Comment vit-on après ça ?
Ça m’a fait très plaisir de recevoir ces trois prix, d’autant que deux m’étaient décernés par mes pairs et le dernier par le public. C’était très touchant. Cela dit, le succès n’a pas beaucoup changé ma vie. Quand je sors dans la rue, je ne crée pas d’émeute. Il y a éventuellement une ou deux personnes qui m’interpellent pour me dire qu’elles apprécient mon travail, mais ça ne va pas plus loin. La notoriété n’est pas pesante. Peut-être que ça aurait été différent si j’avais été Johnny Hallyday…
Vous avez mis plusieurs années avant de vous faire connaître dans la France entière. Que pensez-vous de ces jeunes qui participent à des émissions de télé réalité comme la Star academy ou La nouvelle star dans le but de passer à la télé et de se faire connaître plus vite ?
Il est tellement difficile de se faire remarquer dans le milieu musical, que je comprends que certains jeunes aient envie de se servir de la télé comme tremplin. Mais artistiquement, ils n’apprennent rien. Les professeurs sont plus occupés à regarder la caméra que les élèves, ce n’est pas ça enseigner…
Et pourtant, vous acceptez de chanter à la Star ac’…
Je ne regarde pas l’émission, mais je suis content lorsque je suis invité à chanter avec les élèves. Ça me permet de faire la promotion de mon album et c’est touchant de chanter avec des jeunes qui veulent apprendre le métier.
Bientôt l’élection présidentielle. Est-ce que, comme certains artistes, vous seriez prêt à mettre votre notoriété au service des candidats ?
Je me refuse à dévoyer le jeu démocratique. Le vote est une histoire sérieuse. Voter pour un candidat parce qu’il est soutenu par un artiste qu’on aime bien n’est pas très respectueux. Si je vote, c’est de manière honnête.

Propos recueillis par Nathalie Técher