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Après sa tournée des Zéniths, le chanteur donne une série de concerts qui passe ce soir par le Casino de Paris.

A 34 ans et quatre albums derrière lui, le chanteur a décidé de revisiter son répertoire sur le mode acoustique, tout en expérimentant de nouvelles couleurs musicales. Il teste aussi certaines chansons de son prochain CD, annoncé pour le 6 septembre.

La tournée acoustique. Seul en scène avec sa guitare, son piano, son harmonica et des pédales d’effets, habillé dans un style proche des folk-singers anglo-saxons, Raphaël interprète des titres célèbres et d’autres moins connus de son répertoire, plus quelques reprises (Stéphane Eicher, Bowie, Bashung, Christophe…).
Il teste aussi cinq ou six nouvelles chansons.

 Après le barnum écrasant de la dernière tournée, j’avais envie de retrouver une proximité avec le public, dans des salles plus modeste, raconte-t-il. Sur la tournée Caravane, y avait des gens qui criaient à poil dès la troisième chanson. C’est agréable ce côté ado ! Mais j’avais besoin d’autre chose. Je voulais que le texte retrouve sa place. J’imaginais partir avec un pote dans une bagnole. En fait, j’ai mis au point une formule pas si solitaire que ça. On est une dizaine sur la route. Mais le concert gagne en intimité.

Instrumentiste.

 Etre seul en scène, c’est radical. Je suis pas Neil Young ! J’ai pas le matériel pour assurer juste un concert guitare-voix. Alors j’ai expérimenté de nouvelles sonorités, des instruments bricolés. J’ai l’impression de retrouver ma jeunesse, quand je dévorais les canards de guitares pour dénicher les derniers trucs.

Chansons engagees.

Dans « la Ville des mendiants » ou encore « Les Français sont désolants », Raphaël délaisse le registre intimiste doux-amer pour évoquer le monde qui l’entoure. On découvre un artiste plus engagé, voire très en colère.

 Ces chansons ne sont pas plus sombres qu’avant, d’ailleurs on m’a souvent reproché une certaine noirceur .. J’ai simplement la sensation qu’il faut parler de ce qui va mal, faire du reportage. Et donner le point de vue des gens d’en bas, moi qui suis un privilégié. Il y a des choses qui m’énervent. Une espèce de connerie ambiante. Mais j’écris encore des chansons d’amour.

Nouvel album.

 Il sortira le 6 septembre. J’ai déjà mis en boîte dix-sept chansons et je dois en enregistrer sept ou huit autres. Ensuite, j’écrémerai. Ce disque marquera un retour au blues, au rock et aussi à des ambiances musicales plus mystérieuses. Certains morceaux seront parlés. Je ne veux pas un truc trop lisse, comme j’ai eu tendance à le faire parfois, mais un disque poignant et assez radical. Cela m’intéresse de voir comment les gens vont réagir. L’essentiel est qu’ils soient touchés.

Cinema.

Raphaël a effectué ses débuts au cinéma dans le prochain Claude Lelouch, « Ces amours-là », tourné en Roumanie. Il y incarne un étudiant en droit, futur avocat, amoureux d’une jeune femme jouée par Audrey Dana, dans le Paris de l’Occupation.

« Expérience passionnante, comme toutes les premières fois. Ce qui est formidable avec Lelouch, c’est qu’il vous fait apprendre des scènes et peut tout changer au dernier moment. Le cinéma, j’aimerais bien en faire de temps en temps. Et si on me trouve pas trop mauvais… »

Tournée acoustique « Funambule », ce soir au Casino de Paris (complet), le 6 avril au Théâtre Marigny (Paris VIIIe). Prix des places : de 25 € à 49,50 €.