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ier, Raphaël a posé sa caravane à Montceau. Et proposé un concert acoustique, seul en scène, avec sa guitare, son piano et son harmonica.

Acoustique.

Seul sur scène, Raphaël a livré un concert intimiste auquel le public a adhéré.

Repertoire.

Succès de radio, chansons nouvelles ou reprises, le chanteur a opté pour un mélange des genres.

Il est apparu du fond de la scène, seul, presque caché derrière sa guitare, jean troué, veste informe et cheveux en bataille. Et entamé son concert devant une salle comble et un public de tout âge par une chanson de son dernier album : «Je sais que la terre est plate ». Puis, il a enchaîné avec le célèbre « Ne partons pas fâchés ».

Tout au long du concert, Raphaël n’a pas fait l’économie des titres qui l’ont fait connaître, comme la fameuse « Caravane », encore plus tzigane qu’à l’accoutumée, ou l’entêtant « Sur la route » qui a clos le concert.

Des succès qu’il a revisités, s’accompagnant parfois d’un harmonica ou d’instruments plus étranges, « bidouillant » les sons tel un sorcier un peu fou.

Mais il a également fait la part belle à des « des chansons nouvelles, jamais vues à la télé et jamais écoutées à la radio. J’espère que vous aimerez », s’est-il presque excusé.

Un regard desabuse sur le monde

Oui, le public a aimé. Que ce soit cette chanson qui n’annonce rien de moins que la fin du monde ou celle dans laquelle il prouve par A+B que « Les Français sont désolants » et que « cette France-là, je la méprise », jettant sur son pays un regard désabusé. « Désolé, j’étais énervé le jour où j’ai écrit cette chanson », avait-il prévenu avant, avec cet humour pince-sans-rire dont il ne s’est pas départi de la soirée.

Humour et autoderision

Il a livré également quelques textes plus intimes, et parlé au public de son fils et de sa compagne, l’actrice Mélanie Laurent. S’il ne l’a pas citée, son joli visage a été projeté discrètement sur les écrans, derrière le chanteur.

Voilà de quoi faire de Raphaël un homme plus attachant que ne le laisse paraître son personnage public. En effet, il n’a pas hésité à user de l’autodérision, reconnaissant que « les chutes de ses blagues sont pourries ».

Bowie et Bashung revisites

De toute façon peu importe. La musique a vite repris le dessus. La sienne, donc, mais aussi celle des autres. Il a tenu à rendre hommage à Alain Bashung qui « nous manque pas mal, même pas mal du tout ». Et le voilà parti dans un « Osez Joséphine » de haut vol. Plus surprenant, il s’est attaqué au monument Bowie et son « Modern love ». Paru risqué mais réussi.

Le public, discret en début de concert, a ensuite adhéré. Et réservé, sur la fin, une standing ovation, se disant probablement que Raphaël a bien fait de poser sa caravane à Montceau. Dommage qu’il ne soit resté qu’une heure trente.

audrey desfève