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Après le surprenant et magnifique «Pacific 231», le voici encore porté aux nues pour «Super-Welter», nouveau disque qui bouscule son image de freluquet de la chansonnette. Raphaël Haroche, 37 ans, est un auteur-compositeur-interprète (comme on disait avant) avec lequel il faut compter. Dans la lignée de Christophe ou de Bashung.

Depuis sa sortie, «Super-Welter» ne recueille que des éloges. ça fait plaisir ?
Bien sûr. Je suis très content d’avoir de bons papiers et cet accueil chaleureux me touche. Mais ce qui compte le plus c’est de se sentir dans un mouvement positif.
Pourquoi vous êtes vous mis à la boxe. Pour l’exercice ou contre vos vieux démons comme l’alcool ?
Avant tout pour rester en forme et apprendre quelque chose en découvrant un sport. J’ai toujours été fasciné par la boxe mais je sais que ne serai jamais vraiment un boxeur. Pas grave : j’aime cet exercice physique qui canalise mon énergie.
La boxe, c’est aussi une métaphore ?
Oui, évidemment. Je parle de ma vie et de ma carrière, des hauts et des bas, des coups qu’on donne et des baffes qu’on prend. Je ne cherche pas à évacuer ma rage : je ne suis pas quelqu’un d’énervé. J’évoque plutôt la violence du monde qui nous entoure.
«Super-Welter» est un disque très personnel où vous avez tout fait avec Benjamin Lebeau…
J’ai réalisé les maquettes à la maison. Elles me paraissaient originales, dynamiques, étranges. Je craignais de perdre ça en studio et je suis resté chez moi avec Benjamin. Il m’a apporté le côté technologique, les ordinateurs, moi qui suis sous-développé sur ce plan-là. Il m’a aussi aidé dans la relecture des textes. Il avait envie que je change et moi aussi.
Certaines ambiances font penser à Christophe. Une référence pour vous ?
Dès que vous faites un disque, on vous compare à quelqu’un. Pour moi, c’est Bashung, Chamfort et beaucoup d’autres. C’est vrai que Christophe compte particulièrement et une de mes chansons lui est dédiée. Je l’écoute, j’aime ses disques, j’ai beaucoup d’amitié pour lui. Je le trouve très charismatique. Mais je chante très différemment.
C’est important d’avoir des amis artistes ?
Très. J’ai quelques copains dans le métier même si je ne les vois pas forcément souvent : Souchon, Biolay… La musique est pourtant une activité solitaire, chacun dans son coin.
Le cinéma vous tente-t-il ? Aimeriez-vous vous rapprocher du monde de votre compagne Mélanie Thierry ?
J’ai envie de persister (il a joué dans le dernier film de Lelouch, NDLR) mais plus comme réalisateur que comme acteur. J’aime tous les cinémas : Lynch, Tarkovski, Sautet, les frères Coen… et des comédies populaires comme «La chèvre». Je commence à écrire une histoire et cela me plaît beaucoup. Je prendrai autant de temps qu’il faudra.Ne rien faire, ça me rend malheureux. Il faut que j’aie un truc à mettre en route chaque jour, sinon… Les gens ont trouvé sympa cette pochette faite à la main. C’est comme un cadeau de fin d’année à l’école.

CD «Super-Welter» (Delabel/EMI). Prochaine tournée des festivals avec étape dans notre région.

Propos recueillis par Jean-Marc Le Scouarnec