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Culotté ce disque, non ?
Il est aussi joyeux que je puisse être. Je le trouve un peu hippie, un peu « San Francisco »… Les chants d’enfants apportent de la joie à mon caractère mélancolique. Ça fait beaucoup de bien, je trouve.
Qu’est ce qui vous a amené à ces choeurs d’enfants ?
Depuis longtemps, j’avais envie d’un disque autour de l’enfance. L’idée s’est précisée à l’écoute d’un vieil album américain des années 1970, The Langley schools music project, où un prof de musique canadien a eu l’idée d’enregistrer des reprises (Beach Boys, Paul McCartney…) avec des choeurs d’enfants. Il y a un vibraphone, des cymbales, un côté fantomatique. C’est le déclencheur.
« Mes enfants m’ont inspiré »
Il y a un côté bagarreur dans les textes ?
Deux petits personnages reviennent sur plusieurs chansons, des gosses de 10-11 ans un peu livrés à eux-mêmes. Ils ont pris des coups, ils les rendent. Beaucoup de jeunes vivent ça, car le monde est violent. Mes enfants m’ont aussi inspiré. Les regarder, vivre avec eux leur fantaisie, passer des heures à jouer sur le parquet… C’est merveilleux d’être papa.
« On passe sa vie à compenser son enfance », dites-vous…
Je crois que c’est de Jacques Brel. Une phrase belle et juste. Ce que l’on nous a enseigné enfant, nos qualités comme nos défauts, on les paye un jour, je crois. Ceux qui ont des enfances très dures peuvent en sortir immunisés et en retirer des défenses pour la vie. Au contraire, ceux qui ont des enfances plus douces peuvent être plus fragiles.
Vous avez un regard optimiste sur l’enfance ?
Je trouve souvent les enfants malins et marrants. Cela me donne beaucoup d’espoir en l’avenir. On a la sensation de vivre dans un monde d’une violence folle. Je me dis que c’est cette génération, qui a aujourd’hui 8-10 ans, qui changera les choses.
Il y aura des enfants sur scène pour la tournée ?
L’idée est de prendre contact avec des conservatoires, des centres culturels et de faire chanter des enfants dans chacune des villes où on passera. Les enfants apprennent vite. Je suis sûr qu’avec une répétition d’une heure et demie, l’après-midi du concert, on peut y arriver.
La chanson-phare de l’album parle de somnambulisme…
Mon fils est somnambule. Il monte sur les armoires, les éviers… C’est un peu périlleux. Il faut faire attention. En même temps, je trouve ça extraordinaire ces activités nocturnes semi-éveillées… J’ai l’impression que, dans l’enfance, on bénéficie d’une sorte de sas pas encore fermé qui offre quelque chose de très artistique. Après, on entre peu à peu dans un système.
« J’adore la Bretagne en hiver »
Vous acceptez mieux aujourd’hui votre image romantique ?
Oui, je l’ai acceptée. En tout cas, je ne cherche plus à m’en défaire. Mes musiques sont assez romantiques. Je suis assez romantique dans mon rapport à la vie. Et je trouve cela assez beau. Même si, dans mes deux derniers disques, j’ai voulu explorer d’autres territoires.
L’album Super Welter n’a pas très bien marché…
C’est vrai. Pourtant, je l’adore. Et je suis ravi d’avoir fait ce disque diamétralement opposé aux précédents, même s’il était plus difficile en terme de son, plus violent aussi.
Vous venez volontiers chercher l’inspiration en Bretagne ?
La première chanson de ce disque a été écrite au Croisic, en novembre 2013, dans une maison sur la côte sauvage que je loue régulièrement. J’y vais assez souvent. J’adore la Bretagne en hiver.
Vous faites de la voile ?
Oui. J’ai acheté un bateau avec des copains. Pour l’instant, il est en Méditerranée, à Toulon. J’aime la mer.
Vous avez fait du cinéma, du théâtre. Que devient le comédien ?
Il est nulle part. Je voulais savoir ce que c’était. J’ai vu. Je n’ai pas du tout envie d’être acteur. Ce n’est pas pour moi. Je n’y trouve pas de plaisir.
Cela vous rend d’autant plus admiratif du travail de votre compagne, Mélanie Thierry ?
Être acteur, c’est super-artistique. Je trouve ça formidable. Et Mélanie est une actrice extraordinaire. Moi, je suis musicien, c’est déjà pas mal… Et puis j’écris des musiques de films. Cela me passionne. J’ai également réalisé des clips, un court-métrage. J’ai un scénario pour le cinéma, que j’aimerais réaliser. Mais il faut d’abord le financer…
Au fait, vous pratiquez toujours la boxe ?
C’est un vrai divertissement pour moi. Un sport qui défoule. À mon niveau, ce n’est pas violent. Mais j’aime aussi regarder les matchs. Je vous conseille de ne pas louper le combat du siècle : Mayweather contre Pacquiao, le 2 mai à Las Vegas. Si je pouvais y aller…

 

Source : http://www.ouest-france.fr/