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Paris (XIXe), hier. Raphaël nous a guidés dans la magnifique exposition consacrée à David Bowie, dont le chanteur est fan depuis l’âge de 8 ans. (LP/Philippe de Poulpiquet.)

Beau oui, comme la Philharmonie. Le nouveau temple parisien de la musique classique consacre sa première exposition à… une star de la pop. Mais pas n’importe laquelle, l’une des plus visionnaires, influentes et mystérieuses depuis cinquante ans, chanteur aux multiples voix, visages et personnalités, de Ziggy Stardust au Thin White Duke, auteur-compositeur aux mille et un univers — soul, funk, rock, électronique — et casquettes — scénographe, comédien, icône de mode : David Bowie.

Fan depuis l’adolescence du chanteur de « The Man Who Sold the World » et « Modern Love », qu’il a repris, Raphaël a déjà vu en Angleterre cette exposition qui a attiré 900 000 visiteurs dans 5 pays depuis sa création il y a deux ans. « J’avais déjà beaucoup aimé à Londres », dit-il en redécouvrant hier à la Philharmonie les 300 pièces issues de la propre collection de Bowie, dont 60 costumes et autant de films et documents sonores.

« Ce qui me touche le plus, ce sont ses manuscrits, avoue le jeune chanteur français en montrant celui de la chanson Starman. On voit ce qu’il a raturé, enlevé… J’ai grandi avec Bowie. Depuis l’album Let’s Dance (NDLR : le plus gros succès de Bowie, sorti en 1983), je n’ai cessé de l’écouter fiévreusement. Ce qui me plaît le plus, c’est sa voix céleste. C’est un immense auteur-compositeur qui écrit encore (il a 68 ans) d’immenses chansons comme Where Are We Now. »

Cela tombe bien, audio-guide en main et casque sur les oreilles, on entend beaucoup chanter Bowie dans ce dédale de petites salles. A chacune son thème : David Jones, le gamin de banlieue londonienne qui quitte l’école à 15 ans, la transformation du rockeur en David Bowie puis Ziggy Stardust, l’influence de l’espace sur son œuvre, la mode, le cinéma, le précurseur des clips et de MTV, la bête de scène…

Raphaël a vu six fois Bowie en concert depuis 1987 et a réalisé à l’Olympia en 2002 un rêve de gosse : partager l’affiche avec lui.

« J’avais 26 ans et la chance de l’inconscience, sourit-il. On m’a proposé deux jours avant d’assurer sa première partie, en remplacement d’un autre artiste. Je ne sais pas si j’aurais osé cinq ans plus tard. C’était très intimidant, seul à la guitare, mais émouvant, magique. Je l’ai rencontré dans les loges, il était très élégant et chaleureux. Il a eu des mots gentils, en parfait gentleman qu’il est. »

L’exposition montre des extraits de films, où Bowie joue des personnages aussi différents que Ponce Pilate et Andy Warhol, et des clips.

« J’aime son humour, son jeu avec les codes, commente Raphaël en regardant une vidéo de 1977 où Bowie est déguisé en femme. Certains costumes de scène sont magnifiques, mais je ne suis pas très sensible à la mode. Je suis plus intéressé par le fait qu’il ait toujours pris des risques et cherché à surprendre. Cela m’a évidemment influencé. Très modestement, j’essaie aussi de ne pas me répéter d’un disque à l’autre. Sur le prochain, en avril, il y aura des cordes champêtres empruntées à Hunky Dory, mon album préféré de Bowie. »

Raphaël à l’exposition David Bowie Is (HD)

« David Bowie Is », jusqu’au 31 mai à la Philharmonie, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris (XIXe). Tous les jours sauf lundi. Tarif : 6 et 12 € ; philharmoniedeparis.fr.
« Wiebo », création de Philippe Decouflé en hommage à Bowie, à la Philharmonie, jusqu’à vendredi à 20 h 30, samedi à 18 heures et dimanche à 16 h 30. Tarif : 35 €.

 

Source: Leparisien